Tout comme la cuisine ou la pâtisserie,
la science des cocktails se veut exacte.
Il est vrai qu'oublier le vin dans un civet, le beurre
dans un feuilletage ou la vodka dans un "Bloody
Mary" sont des étourderies rédhibitoires.
Pourtant, il ne faut pas assimiler, contrairement à
ce que pensent certains professionnels, la cuisine,
la pâtisserie et l'art du cocktail à une
chimie et encore moins à une alchimie qui se
transmettrait d'initiés à initiés.
S'il est certain que certaines lois ne peuvent être
transgressées en matière d'hygiène,
de proportions et d'harmonie des saveurs, il ne faut
pas pour autant se sentir prisonnier d'un carcan et
renoncer à tel ou tel cocktail parce qu'un ingrédient
fait défaut.
Chacun a le droit d'interpréter une recette et
d'y remplacer un alcool par un autre, une crème
par un sirop de même parfum et une liqueur par
une liqueur voisine sous condition de ne jamais se départir
ni de bon sens, ni de bon goût.
Pour l'exemple, et l'on pourrait en citer d'autres,
c'est un soir qu'une personne ayant demandé un
"Bloody Mary" alors que le bar était
par inadvertance dépourvu de vodka, il a été
utilisé le gin à la place et créé
le "highlander's Blood" qui s'est révélé
pour le moins l'égal de son glorieux aîné
! |