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 Histoire du Whisky
 
       

Il était une fois le scotch... Avec un génie qu'aucun autre peuple n'a su dépasser, les Écossais ont fait d'une simple eau-de-vie de céréale l'un des spiritueux les plus diversifiés en arômes et en puissance.

Tirant parti de chacune des maigres ressources d'un pays pauvre et inhospitalier, ils ont su conjuguer tout à la fois l'eau pure, l'orge, la tourbe et l'air marin pour inventer la plus large gamme de whiskies qui soit au monde. Avec insistance, les Écossais affirment que la qualité de leurs whiskies provient avant tout de la pureté de l'eau de leurs sources.

Certes, en l'absence de grandes concentrations urbaines, d'agriculture intensive et d'industries lourdes, l'essentiel de l'Écosse, et tout particulièrement les Highlands, constitue une zone écologiquement protégée des pollutions. Mais la revendication de cette spécificité est aussi une manière de proclamer qu'un bon whisky ne peut être obtenu qu'en Écosse, et nulle part ailleurs, du fait de cette dépendance géographique vis-à-vis de l'eau.

       Cette affirmation est contestable (il existe d'excellents whiskies venant d'ailleurs que d'Écosse) et en outre contredite par une évidence : dans certaines régions, comme le Speyside ou même l'île d'Islay, des distilleries voisines, utilisant la même eau et les mêmes matières premières, produisent des malts très différents. La spécificité écossaise en matière de whisky repose en réalité sur quatre piliers qui font surtout appel à un savoir-faire remarquable, développé au cours des siècles : la tourbe, l'alambic, le vieillissement en fûts et le mélange, le blending.

 

 
Comment fait-on le whisky ?

       La manière traditionnelle consiste à opérer la transformation de l’orge en malt, à faire infuser celui-ci dans l’eau, à le faire fermenter pour obtenir une sorte de bière (ou "vin"), et ensuite à le distiller dans un récipient de cuivre ayant la forme d’une grosse bouilloire ou d’une marmite. On fait toujours le whisky de malt de cette manière.

       A partir du milieu du XIX siècle, les blonds, ou mélanges de whiskies de malt, sont diffusés dans un style plus léger, et obtenus pour un coût moindre à partir de divers grains (pas tous maltés), au moyen d’un processus en continu, dans un alambic en forme de colonne, le patent still. Parmi les grains, on trouve de l’orge non maltée, du blé ou du maïs.

 
L'apparition des Blends

       Les Ecossais, dans leur pays montagneux et aux côtes très longues, sont des marins et aussi des explorateurs, des commerçants et des ingénieurs. Par leurs innombrables voyages, ils ont fait du blended scotch, issu des whiskies de malt et de grains, le plus international des alcools.

       Parmi les distilleries encore en activité, la plus ancienne date du XVIII siècle, même si l’on faisait du whisky auparavant sur le site de certaines d’entre elles. Beaucoup ont leur origine dans un alambic clandestin, ou dans une ferme. Au XVIIIe siècle et au début du XIXe, la production était faible et irrégulière, et il n’était pas encore question de marques (brands). Le whisky était vendu au fût à des épiciers et à des marchands de vins. johnnie Walker comme George Ballantine tenaient boutique, et les frères Chivas étaient associés dans un commerce. Ces marchands, pour pallier le manque de qualité, ont créé leurs propres maisons d’encuvage, et leur nom est devenu une marque. John Dewar, qui est entré dans le commerce du whisky en 1806, a été le premier à le vendre en bouteilles.

 
La redécouverte des Malts

       L’Ecosse est toujours le premier exportateur mondial de spiritueux, mais le succès des blends, dans les mains d’un petit nombre de grands groupes, a inquiété les quelques distillateurs indépendants de whisky de malt. Après la Seconde Guerre mondiale, Glenfiddich s’est mis à exporter son whisky en single malt, d’abord vers l’Angleterre, puis, à partir de la fin des années 60, vers le reste du monde. C’était une gageure, mais les autres ont suivi. Le blended scotch est encore plus important par le volume, mais des single malts tels Glenfiddich, The Glenlivet, Glenmorangie, The Macallan ou Laphroaig ont acquis une place sur le marché international.

 
 
 
 
 
 
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